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Épisode 18

🐴Les jeudis médiation EquineHabiter la zone de vulnérabilité


Imagine un pont.


À gauche, la zone de confort (0 à 3) : douce, familière, rassurante. On y respire, mais rien ne se transforme.

Au centre, la zone de vulnérabilité (4 à 7) : le cœur du pont. Le sol est stable, mais le vide se fait sentir. C’est là que le corps parle, que l’émotion guide, que l’apprentissage devient possible.

À droite, la zone de peur (8 et +) : le pont vacille, le souffle se coupe, les jambes fléchissent. On ne progresse plus, on survit.

Le chemin n’est pas d’aller jusqu’au bout. Le vrai mouvement, c’est d’habiter la zone centrale, d’y faire halte, d’y écouter les signaux du corps. C’est là que la transformation s’enracine.

Un jour, une femme d’environ 45 ans est venue me voir. Elle aimait les chevaux, mais n’en avait plus approché depuis une chute douloureuse. Quand elle a vu Rubis, (1.83m) à

l’idée de s’avancer vers lui, son cœur battait la chamade. Je lui ai demandé : « De quoi aurais‑tu besoin pour retrouver du confort ? »   Je lui ai proposé plusieurs options : reculer de quelques pas, se retourner, ou passer derrière la clôture. Elle a choisi de reculer. Son cœur s’est apaisé, elle a remarqué que ses jambes tremblaient. Nous avons pris le temps de rester dans ce confort retrouvé.

Puis, quand elle s’est sentie prête, elle a avancé à nouveau vers Rubis, qui se tenait à une vingtaine de mètres. Je lui ai demandé de s’arrêter dès qu’un signal corporel apparaissait : souffle court, jambes qui tremblent, cœur qui s’emballe. Ces arrêts n’étaient pas des retards, mais des moments précieux dans la zone de vulnérabilité : des instants où le corps apprend à se connaître et à se sécuriser.

Après deux pauses, elle a pu s’approcher, caresser Rubis, et vivre un merveilleux moment près de lui. Elle est repartie apaisée, le sourire aux lèvres, avec une nouvelle mémoire corporelle : celle d’une rencontre réussie.

Accueillir la vulnérabilité, c’est cela : apprendre à écouter les signaux du corps, à rester dans la zone où l’on progresse, sans basculer dans la peur. C’est là que la confiance se construit, pas à pas, dans la vérité de l’instant.


Le pont intérieur n’est pas un passage à franchir d’une rive à l’autre, mais un espace à habiter. C’est au milieu, dans la zone de vulnérabilité, que l’on apprend à écouter son corps, à accueillir ses émotions et à rencontrer l’autre dans une vérité partagée.

Chaque pas, chaque arrêt, chaque souffle devient une victoire silencieuse. Et c’est ainsi que la confiance se construit, pas à pas.

👉 Mais que se passe‑t‑il lorsque l’on dépasse ce milieu, lorsque l’on bascule dans la zone de peur ? C’est ce que nous explorerons dans l’épisode suivant.

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